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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 01:51

 

Pendant que s’achève le film continu et discutable au plan de la sécurité des otages de la chasse à l’homme des massacreurs du journal satyrique Charlie-Hebdo, et que déjà finit l’analyse endogène des pratiques médiatiques qui saturent les esprits, et que des centaines de milliers de personnes suivent l’état de pétrification compassionnelle créé par les assassinats, nous avons l’obligation de prendre du recul par la raison et rechercher les causes de cette menace djihadiste dont ce n’est pas la première mise à exécution. Elles sont connues pourtant elles apparaissent comme des tabous.

 

Les journalistes dessinateurs de Charlie-Hebdo étaient prévenus. Un système de protection, qui s’est révélé inefficace, était mis en place. Les familles des caricaturistes vivaient dans la peur. Une fatwa d’un prédicateur du Yémen, on ne saurait dire un imam au sens islamique, appelait à « venger le Prophète » depuis que le journal avait publié en 2005 certaines des caricatures d’un autre journal, Jyllands-Posten, danois celui-là, qui doit aujourd’hui renforcer sa sécurité. Faut-il aller jusqu’au bout de tout militantisme, sinon est-ce du militantisme ?

 

Beaucoup de concitoyens estiment, tout en n’étant pas musulman, qu’on se doit de respecter autrui, entre autre les musulmans, dans un pays qui se dit laïc de par ses institutions. Evidemment, d’inspiration libertaire, au nom de la liberté revendiquée par tous, les caricaturistes ont développé un mode d’expression outrancier et ont pris des risques, qu’ils savaient périlleux. D’autres les assureraient inconsidérés, suicidaires. Mais faut-il capituler devant une oppression terroriste ? Le principe de l’existence même de l’état de droit préconise que non. Le sacrifice en vaudrait la chandelle mais tous n’ont pas le courage de l’envisager.

 

Ceci dit, les rédacteurs de cette fatwa rappellent les événements de ces dernières années en Irak, en Syrie, en Palestine, en Afghanistan, en Somalie, au Yémen, en Egypte, en Tunisie, en Libye, en Birmanie, au Nigeria, en Indonésie, en Indes, en China, au Caucase. Ils évoquent une sorte de croisade renversée visant Rome et Constantinople, aujourd’hui Istanbul, indubitablement fer de lance de l’OTAN et support des opérations militaires contre « l’Etat Islamique ». Objectivement, ces rappels sont des réalités que des civils ont été tués, de façon effroyable, malgré les « lois de la guerre », dans combien de pays avec ces guerres du Golfe, du Proche et Moyen Orient et d’Afrique saharienne, orientale ou centrale, que de nombreuses victimes ont été faites qui auraient pu être évitées, mais que les propagandes politico-militaires ont tenté de minimiser.

 

Par contre les journalistes scandinaves ou français, et tous, revendiquent la liberté d’expression, quelle que soit le sujet, ce qu’il faudrait vérifier, et ne capitulent pas à la pression et à la peur. C’est le sens de cette manifestation à l’échelle européenne ce dimanche 11 janvier, manifestation d’unité, en présence de nombreux chefs d’état invités ; où le président de l’Autorité palestinienne et le premier ministre du gouvernement israélien marchent ensemble ; ou juifs, musulmans et chrétiens s’embrassent miraculeusement en des grappes fraternelles ; où les civils acclament, ce n’est pas banal, les policiers et les gendarmes. Mais où tout le monde n’était pas invité d’abord à l’échelle de la représentante de la municipalité de Paris, et à l’échelle nationale par le président. Cela doit poser question : y-a-t-il des partis non républicains ? Sont-ils ou faut-il les interdire ? Est-ce cela l’unité qui déborde de l’extérieur, mais n’est pas atteinte de l’intérieur ? Faudra-t-il en tenir compte pour les prochains scrutins en mars en toile de fond de la « com » à la fois spontanée et ambiante? Angela Merkel, David Cameron et Matéo Renzi viendront-ils arbitrer s’ils ne sont pas à ce moment là en campagne?

 

Mais les musulmans, extrémistes ou pas, qu’ils s’associent ou non à cette marche contre cette forme de l’islam extrémiste et affichent leur déontologie où la république est loin au dessus de la charria qui inspire ces tenants du néo-califat, voient tous néanmoins d’un mauvais œil toute image de Dieu ou du Prophète Mahomed ; a fortiori si c’est de manière caricaturale, interprétée comme injurieuse. C’est une caractéristique de la civilisation islamique qui s’incarne dans son art et le droit à l’image des familles musulmanes est scrupuleusement respecté dans les établissements scolaires de notre laïque république alors pourquoi avoir un mode de réaction différent pour les caricatures ?

Cela rappelle l’époque des iconoclastes (détruisant les images) dans la chrétienté byzantine qui s’attaquaient aussi aux dessinateurs de ces icones religieuses. La question de la dialectique du respect des croyances contre le respect de la liberté d’expression se pose, mais comment arbitrer ?

Quand les femens s’exposent seins nus dans les cathédrales en faisant des dégâts, leur procès au contraire d’être une sanction malgré des jugements non équivoques, amende et dédommagements à la clef, sont ovationnées par des soutiens nombreux anticatholiques. Leurs seins, qui s’affichent provoquant alors que beaucoup s’en délectent, pointent néanmoins du téton le problème de la modernité des croyances religieuses, en l’occurrence catholique défiée.

Alors que de nombreux actes racistes anti-arabes ou antimusulmans se multiplient, si une attaque ne serait-ce que linguistique apparait contre un membre de la « communauté juive », si ce terme a un sens dans un état qui s’affiche anti-communautaire, par contre, c’est le tollé médiatique et politique, la sanction judiciaire immédiate avec la diligence de ces acteurs structurés et l’appel légitime à l’unité de la Nation.

Inversement, c’est parfois comme « anti-blanc » que la discrimination s’opère, mais là pas de montée de bouclier. Tout comme certains « gaulois » qui veulent qu’on les respecte aussi, si cette conception de l’application de l’égalité des droits du respect des croyants s’expose dans nos médias, pourquoi s’étonner que certains musulmans écervelés animés par la violence et la haine ne passent pas à l’acte ?

 

Ces tensions nous posent une question paradigmatique pour notre civilisation mondialisée : faut-il trouver un syncrétisme religieux qui dépasse les archaïsmes dogmatiques, pas seulement des fils d’Abraham, qui cristallisent les contraintes de la science en une morale pan-cultuelle pacifiée compatible à une laïque gouvernance ? En pratiquant ses exécutions appelées par la sordide fatwa, ces crimes et manifestations posent l’équation nouvelle à résoudre.

 

Le séjour en prison est reconnu comme étant une période d’apprentissage de pratiques mafieuses et de contact des idéologies extrémistes. Il nous faut changer résolument de modèle carcéral de l’aveu même de son dernier contrôleur des lieux de privation de liberté. Souvent même, on constate surpris que la liberté d’expression et de circuler s’éteint quand l’appartenance politique du justiciable est au-delà de la pensée unique. Même la France a son dossier chez Amnesty International, et il n’est pas complet comme on l’a vu concomitamment dans les affaires de "pères perchés" ou de dénonciations de dérives mafieuses. Or ces djihadistes sont passés, eux ou leurs proches, par la case prison.

 

La fatwa criminelle vient du Yémen. C’est un de ces pays qui sur la surface de la planète a été oublié du concert des Nations, où il n’est plus raisonnable de voyager depuis plusieurs décennies car des tribus qui rançonnaient, occupent aujourd’hui le pouvoir partout, malgré la fusion des deux états yéménites dont les difficultés sont restées dans l’ignorance des médias internationaux. C’est pourtant là que furent identifiés certains soutiens à l’organisation al Qaïda. Fallait-il laisser ces deux états aujourd’hui mal fusionnés hors du concert des nations ?

 

Or, lorsque des états sont laissés en pâture aux brigands, cela finit toujours mal :

on a vu le cas de la Biélorussie polluée par les retombées de l’accident provoqué de Tchernobyl (en défiance aux appels au manque de sécurité paradoxalement), indifférence et même blocage d'aide aux populations ukrainiennes pour protéger l’aura des filières nucléaires ;

Tchernobyl en Ukraine, longtemps aussi délaissée... là aussi l'Europe se réveille;

de l’Albanie au large de laquelle les bateaux de criminels passeurs font échouer les nouvelles hordes de naufragés ;

la Lybie qui isolée pendant des lustres est devenue un centre de développement des rebellions subsahariennes et par où passaient aussi les réfugiés et futurs noyés;

La Somalie qui ne vit plus que de la rapine de mer faute d’activités légales depuis que les opérations internationales l’ont quittée, exsangue, propice au développement des crimes chébabs;

le Pakistan, issue de la chaotique partition de l’Indes britannique, non contrôlés par le pouvoir mis en place et ses alliés sont laissées aux tribus de l’Afghanistan voisin, Baloutches, dont les découpages de la décolonisation occidentale n’ont pas tenu compte, terreau « culturel » des incultes talibans (soit disant « hommes du livre »);

le Soudan, on a vu où cela nous a mené ;

la Corée du Nord, qui est laissée dans la misère la plus noire et où le péril nucléaire grandit…

C’est donc une première cause de ces attentats et assassinats : l’indifférence des Nations.

 

Quelles sont les préoccupations des nations Unies ?

Ne pas sanctionner tous les crimes de guerres ;

Organiser le jugement de criminels seulement choisis par le tribunal Pénal International ;

Ne pas reconnaître tous les génocides comme tels ;

Persister malgré les attentes à ne pas traiter les conflits pourtant très localisés comme celui à Gaza, en Cisjordanie, au Kurdistan, en Egypte, au Sahara Occidental, à Chypres, alors qu’une sensibilité particulière semble se préoccuper sur le nucléaire iranien ou coréen, alors que d’autres conflits font des centaines de milliers de morts comme au Congo (« démocratique »), au Darfour, en Somalie, en Papouasie, en Birmanie, ou au Mexique, voire en Centrafrique, sans oublier Syrie et Irak … Le critère de nombre de vies à sauver n’est-il pas le principal critère ? Ou bien la présence de pétrole ou de ressources minières est-elle un critère d’exclusion pour l’application du droit international ? Voilà malheureusement beaucoup d’arguments pour ces djihadistes.

 

Les tueurs de Charlie-hebdo étaient manifestement antisémites. C’est particulièrement parmi celles des causes principales qu’aucun journaliste n’a cité toutes ces journées de cinéma quasi hollywoodien, l’injustice du droit international quand il s’agit de la Palestine et des conflits du Levant et du Proche Orient. En effet, les djihadistes nourrissent leur haine des « juifs et des croisés », en l’occurrence la France, en faisant référence aux sanctions à deux poids, deux mesures, concernant les Israéliens dans leur conflit avec les Palestiniens, c'est-à-dire habitants de l’entité dissymétrique appelée « Autorité palestinienne ».

La sécurité des uns est-elle plus valorisable que celle des autres selon le droit international? C’est un fait que des crimes de guerre sont impunis systématiquement. Les Nations Unies ont la capacité de par leur diplomatie et puissance militaire (ou l’inverse) de faire émerger le plus simple des droits de peuples à disposer d’eux-mêmes. Les uns ont créé leur état, les autres n’y ont-ils pas droit ? Quand la plupart des états ont reconnus la Palestine, pourquoi la France, le Royaume Unis, l’Espagne, les USA, le Mexique par exemple ne l’ont pas reconnue ?

La France, cible des attentats, fait bien partie de ces derniers états. Ces dernières semaines, le ministre des affaires étrangères et le président des français ont semblé encore trainer la pate et refuser aux palestiniens d’avoir même une représentation aux Nations Unies. Le pouvoir politique en France n’est donc pas neutre alors que la majorité des français souhaite cette reconnaissance et cette paix. L’Etat français s’affiche donc comme se laissant influencer par des mouvements qui s’affichent sionistes alors que l’annexion des « Territoires » n’est pas encore réglée. Les djihadistes, notant cette fission dans le droit, en font donc un argument de poids pour leur « croisade » contre « la première fille de l’Eglise » depuis Clovis.

 

Au plan historique encore, il faut dire que la France et le Royaume Uni ont une part importante dans le découpage de cette région Proche Orientale à la fin de la Première Guerre Mondiale, appuyés des italiens et des russes. Les accords secrets Sykes-Picot sont encore une anomalie qu’un siècle de guerres successives n’ont pas effacée et que la carte de la région porte encore avec les frontières de la Jordanie, de l’Irak, du Koweït, de la Syrie, du Liban, Trans ou Cisjordanie ; terme géographique neutralisant celui polémique de Palestine renvoyant aux « lieux saints » que l’histoire a vu objets de cruelles et tenaces disputes. Ces accords infâmes ont découpés et partager le Proche Orient, avec pour velléité des visées sur le pétrole de l’actuel Kurdistan irakien, déjà, là où se développe le conflit de « l’état islamique » ; qui se veut le nouveau Califat, après l’explosion de celui patronné par l’Empire Ottoman déconfit; et la protection du canal de Suez qui à l’époque, et le reste, une voie hautement stratégique pour le commerce vers l’Indes et toute l’Asie maintenant « émergée ». Il est loin le temps des « non alignés » Egyptiens, Indiens, Indonésiens… et du sommeil Chinois. L’Egypte fut entérinée sous tutelle britannique alors que le Maroc passait sous tutelle française. Quand Nasser voulu revenir là-dessus, le conflit de Suez lèvera les troupes françaises, britanniques et israéliennes, au seul bénéfice de celles-ci, après l’échec non militaire, mais politique cuisant des deux anciens colonisateurs, faisant la place à un nouveau que ces accords d’après Première Guerre mondiale préparaient, et que la Seconde entérina par la création acceptée par les puissances vainqueurs maintenant dotées du droit de véto. Ainsi pour les états « arabes », malgré la couteuse reconnaissance par l’Egypte et la mort du président Sadate, celle de la Jordanie elle aussi sous tutelle, comme le géant iranien jusqu’à la révolution des mollahs, son contre coup, c’est une anomalie renforcée par la non reconnaissance de l’état palestinien qui se poursuit. La plupart de ceux qui manifestent aujourd’hui sont pourtant d’accord pour aller vers la paix, mais s’y achemine-t-on si on n’en parle pas ? Si les institutions du concert des Nations bloquent les vrais débats et les bonnes décisions?

Partition-franco-britannique-au-Levant.jpg 

Les guerres fondées sur le mensonge en Irak de l‘existence d’armes de destruction massives alors que dans le même temps, tout le monde sait que l’état israélien détient de nombreuses ogives nucléaires, en se moquant du traité de non prolifération qui s’impose à tous, et étouffe des essais avec la complicité de l’Afrique du sud, l’autre régime d’apartheid. Guerres aussi à visée pétrolière ou gazière pour les compagnies multinationales. Dominique de Villepin qui avait dénoncé l’appel irraisonné à la guerre « de Bush », rappelant celles contre les Aborigènes d’Afrique du Sud ou d’Australie, avait sauvé l’honneur de la France, poussé hors du champs politique.

Malheureusement, à en croire les attaques désormais sur son sol, cette même France suit maintenant les desiderata atlantistes des USA et de leurs alliés en Syrie (par la réserve militaire) ou en Irak (par l’action militaire) avec la Turquie. Celle-ci, toujours aussi militariste est à la place d’honneur, alors que le rôle historique de la France en tant qu’ancienne puissance mandataire, là au minimum, devrait imposer de vraies négociations pour en finir avec les massacres. Et bien, conséquence de la position envahissante des français et des britanniques, les petits états arabes se sont souvent portés à l’alliance avec le contre pouvoir soviétique, et le reste après son démantèlement puisque les russes opposent leur véto, avec les chinois, dès qu’il s’agit d’intervenir directement au nom des Nations Unies en Syrie. Pendant ce temps, l’état qui se dit islamique s’étend au-delà des frontières artificielles d’hier. Et la propagande djihadiste s’étend sur la toile et détournent nos jeunes sans repères. Cette cause historique doit donc être prise en compte et être rediscutée au plan politique à l’échelle internationale. C’est une cause exogène qu’un traitement uniquement franco-centré ne solutionnera pas. Il faut dépasser les contradiction atlantistes et onusiennes.

 

Lorsque les bombes israéliennes pleuvent sur les civils dans l’enclave de Gaza, déjà une enclave dont les conditions d’existence sont surprenantes, cela ne peut qu’abonder la haine, même si cela est présenté comme une réponse, disproportionnées à des ogives plus souvent symboliques que destructrices ou parfois tueuses. Chaque vie n’a-t-elle pas le même prix, incommensurable ? Tout le monde n’a-t-il pas droit à la sécurité ?

 

Lorsque les bombes américaines pleuvent sur les civils irakiens ou syriens, comme hier en Afghanistan ou en Irak, à l’argument qu’il s’agirait de dégâts collatéraux d’actions justifiées au plan militaire, cela ne peut qu’accroitre ce sentiment si l’Etat français par ses responsables ne se lèvent pas prestement. Autre argument.

 

Lorsque les bombes française tombent sur des civils au Mali dans la lutte contre l’alliance du nord entre des mouvements a priori incompatibles, peuples autochtones de la zone sahéliennes qui n’ont jamais été entendus dans leurs revendications de Peuples Autochtones depuis des décennies, djihadistes migrants entre zones de conflits ou brigands de grands chemins, dans une grande confusion des genre, avec des armes venant du conflit à la légitimité contestable en Lybie ; cela ne peut que faire cibler vers le France des attaques et des menaces, et elle particulièrement elle, qui répond après l’inaction depuis la décolonisation si ce n’est par la modalité à visée énergétique « françafricaine », et fait un travail de « nettoyage » en préservant en priorité uranium, gaz,  pétrole, voire diamants. La légitimité du pouvoir des républiques africaines doit elle se gagner comme cela ? Pour les djihadistes, la bande de culture islamique depuis le Sahara Occidental jusqu’au Kashemir, du Kenya jusqu’à Paris, est l’horizon mental du nouveau califat qui doit remplacer le néocolonialisme.

 

Voilà une des causes majeures de la perpétuation des assassinats par ces jeunes ou moins jeunes. On apprend qu’ils ont été éduqués en foyers d’accueil comme souvent lorsqu’on identifie les auteurs de viols, de meurtres en série, ou autres crimes, souvent, ils sont passés par des centres ou des familles d’accueil. La liste est longue dans la chronique judiciaire de ces affaires. Que ce passe-t-il dans ces centres ? La vigilance s’est accrue ces dernières années, mais beaucoup de personnes y ayant séjournés sont encore potentiellement marquées dans leur éducation, parfois extrêmement émaillé d’actes de maltraitance. Les jeunes sortent du centre à leur majorité parfois sans formation. C’est donc écervelés que ces jeunes vont se trouver attirés facilement pour combler leur ignorance et leur manque de repères par les thèses djihadistes en tombant dans les pièges des recruteurs.

 

Si dans les programmes éducatifs, l’islam était étudié réellement comme un fait religieux et historique, culturel et scientifique, tout autant que les péripéties de l’histoire chrétienne ou juive, le sentiment d’appartenance identitaire ne serait pas celui de l’éternelle exclusion du creuset républicain. La reconnaissance, c’est essentiel, c’est ce qu’ont recherché de leurs coreligionnaires ces djihadistes à la kalachnikov en voulant venger le Prophète.

 

Deux des criminels étaient venus dans le Cantal, où était assigné à résidence un autre djihadiste notoire (et surveillé), Djamel Beghal, dans un centre de la fondation Claude Pompidou, épouse de l’ancien président ; est-ce un hasard ? Claude Pompidou avait été mêlée à une affaire de mœurs pour discréditer le futur président d’alors Georges Pompidou. Force est de constater aujourd’hui que cette menace avait portée sur le candidat Pompidou puisqu’il craignait pour la vie de son épouse, soumise à des maitres chanteurs : de quoi irriter ces djihadistes quand les réseaux sociaux multiplient les interrogations sur les réseaux criminels.

 

Une autre cause, soulignée par le silence sur certaines victimes des attentats comme la mort de l’économiste Bernard Maris, la réalité bancaire et ses dérives. Dans l’Islam, existent certaines banques dite islamiques qui essayent apparemment de s’extraire de l’interdiction de l’usure. L’usure est une pratique bancaire interdite dans toutes les religions dites « du livre », les monothéismes, et pourtant, c’est la base du modèle économique occidental. A contrario, beaucoup de communautés préconisent la solidarité. Ce que critiquait l’économiste Bernard Maris pourtant victime des tueurs de Charlie-Hebdo. La succession des crises économiques se basent bien sur la question des dettes, des états ou des particuliers, en particulier les citoyens vivant dans les cités « sensibles » des agglomérations en France auxquels les tueurs se raccordent fatalement de façon identitaire. Ce contraste de modèle économique peut-être aussi un facteur sociologique aggravant la tension des criminels potentiels et leur passage à l’acte.

 

Récapitulons : cause de traitement égalitaire, cause du respect religieux, cause guerrière, cause juridictionnelle internationale, cause énergétique, cause éducative, cause psychologique,  cause pathologique, cause économique, …

 

Certainement, il ne faut pas enterrer trop vite les causes possibles identifiées de nos analyses et la Nation doit faire évoluer le droit, celui réellement dans le cadre laïc des musulmans dans la République, sans plus ni moins ; le droit international, celui des Peuples, à l’exclusive d’aucun ; là celui des communautés chiites ou sunnites d’Irak et de Syrie se pose cruellement autant que pour les Yazidis du Kurdistan ; et les relations nationale ou internationales avec les musulmans et toute la sphère culturelle islamique pour que les terroristes de se multiplient pas et que la bande d’état antidémocrates de s’étende pas ; comme la demande de respect des communautés chrétiennes poussée à l’exil dans le silence depuis des décennies en Irak, au Liban, en Syrie, en Egypte et dans la sphère musulmane, où les états théocratiques saoudiens, qataris ou émiratis ne rendent pas la réciprocité aux autres croyants. Après tout, le père des croyants Abraham aurait aujourd’hui un passeport saoudien.

 

Sans que ces terroristes de Charlie-hebdo en aient eus conscience, ce sont toutes ces questions qui doivent maintenant être posées, sans hypocrisie dans l’esprit d’équité propre au droit. Il en va de la Paix ici comme ailleurs.

 

Nicolas Sègerie (contact: labo-giordano-bruno@orange.fr)

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Publié par Nicolas Sègerie Laboratoire Pluridisciplinaire Giordano Bruno - dans Géopolitique
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