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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 12:18

Lorsque je vivais à Toulouse, dans le Grand Mirail, le groupe d’étudiants que nous étions avions fait quelques constats. Trépidants, nous avions trouvé quelques solutions et en avions aussitôt mis une en pratique : un journal de quartier. Voilà un article que nous avions écrit.

 

ghetto-multighetto-1993.jpg 

 

Si plus de 20 ans après, nous faisons la comparaison, après ce qui s’est passé avec les assassinats de Charlie-hebdo et Hyper Casher, nous pouvons comparer :

Vivant toujours dans un tel quartier dit « sensible », (à ne pas confondre avec « sans cibles » qui serait une contrevérité), j’ai pu m’apercevoir qu’il n’est pas reconnu comme tel lorsqu’on revendique qu’il appelle des solutions adaptées, par exemple quand il s’agit des « conseils de quartier ». Ceux-ci, à la géométrie curieuse, en « quartier » justement, comme les romains qui fondaient une ville par les deux artères transversales qui coupait en quatre la ville à venir, quart ici de l’arrondissement de cette ville, Lyon, en agglomérant des quartiers « de vie » au sens des habitants en une sous-agglomération sans liens réels, d’entités plus petites. Il ne faudrait pas que ces habitants de ce « quartier pas de quartier » décident de leur avenir ! Dans ces quartiers, on « turn o ver » ; on vous fait comprendre qu’il ne faut pas y rester. En réalité, il s’agit bien d’une logique de ghetto, comme à Venise, pour la quarantaine des pestiférés ; parquant des voyageurs venant de loin, au cas où.

 

Toulouse, c’était la « ville rose », pas encore socialiste malgré la couleur. La Faourette, c’était un petit quartier dans le Mirail, la « cour des miracles toulousaine ». Ce quartier sévèrement touché par la déflagration du fatidique, mais attendu, , de l’usine AZF le 21 septembre 2011; installation industrielle qui se souciait vraiment très peu de ses émanations toxiques au nitrate et rendait malade toute la zone avant que le nitrate ne fasse son office détonnant et décapant. Un complexe anticancéreux a remplacé aujourd’hui le complexe industriel. Logique de l’histoire économique des jeux d’influence.

 

Dans l’article, la pelouse semblait être le seul investissement urbanistique de la ville pour ce quartier, construit dans les années 1960, juste aligné sur la rampe de décollage de l’aéroport de Blagnac, pour ajouter le bruit au couleur du béton. Cela me rappelle les belles réhabilitations dans celui où je vis : la belle plateforme en béton égaillée de barre d’acier où peuvent s’assommer les gamins, qui aurait pu être un havre de verdure mais que les plantations aux curieuses espèces se clairsement au fil des printemps. Et comme à la Faourette, les nouvelles façades inspirées du « développement du rat bleu », qui contiennent un peu les infiltrations qui agissaient sur les habitants comme les tortures d’Extrême Orient au fil des années passées et le rayonnement infrarouge qui trahirait « l’assassinat de la planète», seule justification jugée suffisante pour diligenter les subventions des collectivités ; c'est-à-dire sur finance de ces mêmes habitants.

 

Alors quand on pense à l’éducation populaire, la surprenante catastrophe ambiante que nous annoncions ; à la mixité sociale qui s’affiche les quinzaines avant les scrutins, mais que vivent différemment leurs habitants le restant du temps ; confrontés à l’incurie; on peut s’interroger sur ce qu’a permis 30 ans de réflexion de la politique de la ville, sans compter les échecs qui n’étaient pas encore dans l’esprit des « commissions » d’architecture et d’urbanistes, d’élus et de lobbyistes, lors de la sortie de terre de ces projets.

 

Et les débats vont bon train, après ces assassinats de janvier 2015, alors qu’ils étaient impossibles auparavant sinon lors des émeutes épisodiques, mais récurrentes, autour paradoxalement des « manifestations collectives » autour du « sport » ou de réactions endogènes à des drames. Et nous avions insisté auprès des candidats sans esprit partisan pour que ces quartiers fassent débats pour tous les scrutins :

 

Municipaux, bien sûr, mais il ne faut pas stigmatiser une population… c'est-à-dire ces habitants car « habitants » ! La question éducative, ce n’est pas possible d’en parler lors d’un tel scrutin car la mairie ne doit s’occuper que des crèches ou des « maternelles » ; les pères, n’en parlons pas, … on nous l’a bien dit : « ce n’est pas le sujet ». Pourtant des commerces et marchés locaux, des centres culturels actifs, des transports dynamiques, des personnels d’immeubles responsables, des structures ciblant les habitants plutôt que la subvention aux poubelles attrayantes ou aux caméras intrusives qui restent totalement inefficaces à voir ce que out le monde voit, car personne ne veut voir, même quand les drames se passent là, juste sous cet œil de Moscou. A quoi sert-il alors?

 

Scrutins législatifs, au sujet des lois concernant l’absentéisme scolaire, on aurait pu en parler, croisant en bas des tours les déshérités du système scolaire ; mais il ne faut pas donner l’impression que l’on abonderait dans « la paupérisation » d’une population déjà la plus pauvre (c’est inexacte, les « sdf » sont plus pauvres !). Mais l’éducation par les parents peut-elle être légiférée ? Si ! L’appui aux parents, oui ! Les moyens de l’alphabétisation quand il y en a besoin ; des lois pour imposer la médiation pour les familles séparées qui se multiplient comme un tsunami ; financer des moyens pour l’éducation quand ces parents ne peuvent plus assurer l’encadrement ; constituer un suivi rigoureux avec l’école primaire, le collège, et le soutien concret pour le lycée, les prépas, l’université ou les filières de la formation professionnelles. Il s’en parle, mais autour de l’entreprise, jamais à partir des « quartiers » ; les affichettes relais des journées-emploi ne font pas illusion dans ces viviers à chômage où les crabes n’ont pas tous la même carapace.

 

Scrutin régional : là on peut parler de « culture », alors quelques candidats se déplacent… merci beaucoup. Mais que restent-ils quand les sièges sont distribués ? Quelques tiquets à prix réduits ou gratis, pour voire les navets du moment, que les élèves qui ont les parents qui s’en occupent, donc pas ceux concernés par la carence culturelle, se seront échangés. Par contre soirées, week-ends, vacances, ceux qui n’ont pas la science de l’agenda ou du quotient familial auront bien du mal à meubler leur après-midi et surtout leurs soirées torrides sous l’îlot de chaleur urbain. Quand les écoles font peindre une fresque dans chaque allée sur un continent, connotant à la diversité, comme vu à Vaulx-en-Velin, il faut que la réhabilitation détruise ce qui était signé des enfants du quartier ! Pas étonnant que le 14 juillet, les hélicoptères tournent pour isoler les feux de pétards et les révolutions perpétuellement naissantes avec un air des émeutes de Fergusson ou de Californie, mais là l’autodéfense est interdite ; heureusement, malgré la publicité par l’intermédiaire des séries américaines, la vente d’armes à feu officielle est contrôlée ; l’autre, on la découvre lors des massacres. La question du financement des lycées par l’institution régionale se réduira à des maquettes futuristes réalisées avec plus grand respect pour les appels d’offre, comme le montre les « affaires », plus que pour le personnel et leur formation à adapter ou les futurs habitants et leurs besoins authentifiés. A l’écho du désert culturel répond les modalités de la culture qui envahit les écrans : la violence, verbale, physique, psychologique. La loi qui s’impose : le terrorisme et la jungle.

 

Réjouissons-nous avec la réforme des collectivités territoriales ! Le scrutin cantonal va être remplacé par le scrutin « territorial », avec « les métropoles », qui vont fondre dans le béton là encore les hétérogénéités démographiques. Déjà les communes des districts et communautés de communes se plaignent, prisonnières, des logiques comptables de l’échelle de gestion. Les arrondissements, plutôt qu’être des interfaces locales de la démocratie, deviennent des services pour diligenter ceux de la voirie, du développement verdâtre ou des nouveaux cubiformes ou tubiformes pour transporter à moindre frais ces migrants de l’intérieur. La logique de polarisation en métropole va à l’encontre du respect de la qualité de vie, quoiqu’on en dise.

 

Scrutin européen : la question de l’ « économie souterraine » viendrait-elle concurrencer celle de la macroéconomie… si on en parle? Les indicateurs nous disent que non, ces trafics sont bien au-delà du flux d’évaporation fiscale de la TVA sur les confitures de grands-mères. Pourtant les filières resautent de parts et d’autres des régions européennes, avec moultes complicités intra-institutionnelles, embusquées, grains de sable râpant lentement les mécanismes républicains. A l’échelle européenne, tout semble bien circuler, sauf le bon sens. En stigmatisant les Roms ou les migrants de Lampedusa ou de Calais, le débat sur « les banlieues de l’Europe » se réduit à peau de chagrin ; plus aucune place pour « l’Europe des banlieues ». Attirer le citoyen de ces cubes de la compagnie Cajapoule vers l’urne sera difficile. La réponse en big data pour ficher les citoyens repoussera les marginaux et les candidats au crime dans leur marginalité ou la clandestinité plus profonde, non perceptible des œillères technologiques.

 

Scrutin présidentiel : alors là, il va s’en parler ; vu que les relais associatifs de l’indépendante société civile font monter la mayonnaise. Vu que les projets de fin de mandats viennent éclore juste cette semaine de vote. Ceux qui y vivent vont payer cher leur pluralisme républicain s’ils sont soupçonnés, il ne suffit que de cela, de s’encarter en contrastant avec la couleur dominante. Les façades sont loin d’être du Juan Miro, plutôt du Soulage, et pas du temps des vitraux.

 

Pourtant, ces problèmes avaient été déjà étudiés du temps de Le Corbusier, dont les prototypes ont été vivaces en Indes ou au Brésil plus qu’ici, à donner une dimension humaine aux structures architecturales et créer des « quartiers de vie » où travail, résidence, culte et distractions tenaient dans le giron des jambes de l’habitant. On peut en avoir une idée à Firminy. Ce qu’on réinvente aujourd’hui autour des concepts de « déplacement doux ». Le béton avait déjà il y a un siècle la capacité de la modulation des formes sous de grandes contraintes, mais encore fallait-il l’habiter jusqu’à aujourd’hui! L’herbe ne pousse pas sur le béton, ou alors en pot !

 

En trente ans, dont vingt ans de constat, rien n’a changé, sinon, que le désastre qui a grandi ! Alors c’est sûr que sans compter que la politique internationale s’y associe, il y a bien des raisons pour certains de mettre le bazar dans notre société, et parmi eux, se moquant des injonctions incantatoires, certains se trouvent à devenir criminels.

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Publié par Nicolas Sègerie Laboratoire Pluridisciplinaire Giordano Bruno
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