Un laboratoire scientifique indépendant dont les axes de recherches concernent:les polémiques du "réchauffement climatique";Les climatosceptiques;la théorie des Anticyclones Mobiles Polaires;les risques liés à la pollution atmosphériques; d'autres risques géophysiques et anthropiques...
(à partir d'un article de Olivier Laskar de Sciences et Avenir: http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/espace/20130218.OBS9266/meteorite-de-l-oural-la-plus-grosse-du-siecle.html)
PORTRAIT-ROBOT. Quatre jours après la catastrophe russe, on commence à en savoir davantage sur la météorite qui s’est écrasée dans l’Oural le 15 février 2013, à 9 h 25 (heure locale) faisant plus d’un millier de blessés.
Si aucune station d’observation n’a vu surgir le monstre des confins du ciel – « il est passé dans les mailles du réseau de surveillance » nous confiait l’astronome François Colas – c’est un autre type d’instrument scientifique qui permet, a posteriori, d’en tirer un portrait-robot.
INFRASONS. Il s’agit d’un réseau mondial de capteurs sensibles aux ondes infrasonores. Cet équipement du CTBTO (« Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treatu Organization », l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires) a vocation à détecter… tout essai nucléaire, quel que soit l’endroit où il ait lieu dans le monde !
Parmi ces capteurs à infrasons, le plus proche de Tcheliabinsk, la ville industrielle de l’Oural frappée de plein fouet par la catastrophe, est ainsi situé en Alaska, à 6,500 km de là. Seize autres stations ont réagi à l’événement : l’ensemble des données a été analysé par l’équipe de Peter Brown, de l’université de l’Ontario, au Canada.
Verdict des chercheurs : la météorite de Tcheliabinsk est la plus grosse du siècle.
Les chifffres-clés de la météorite russe selon ces chercheurs :
- Un diamètre de 17 mètres : le tiers de l’astéroïde 2012 DA 14 qui a frôlé sans encombre la Terre ce même vendredi 15 février.
- Un poids de 10 000 tonnes.
- Vitesse d’entrée dans l’atmosphère : 18 km par seconde.
- Il s’est écoulé 32,5 secondes entre l’entrée de la météorite dans l’atmosphère et sa désintégration en une myriade de fragments.
- L’énergie libérée par l’entrée dans l’atmosphère est évaluée à 500 kilotonnes.
(càd 25 fois la bombe d'Hiroshima, heureusement que l'atmosphère est là!)
FRAGMENTS. Les restes de la météorite pourraient être désormais au fond du lac Tchebarkoul, à proximité duquel des scientifiques de l’université de l’Oural ont trouvé une cinquantaine de fragments qui pourrait être ceux de l’objet céleste dévastateur.
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Entretien avec François Colas, chargé de recherche au CNRS à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE).
Sciences et Avenir : Au vu des images de cette météorite russe, que peut-on déduire ?
François Colas : Il semble qu’il s’agisse d’une météorite de taille importante. Sans doute entre 5 et 10 mètres lorsqu’elle a pénétré l’atmosphère terrestre. Elle s’est ensuite fragmentée durant sa chute en morceaux plus petits qui ont été fortement ralentis par le frottement avec l’air. En effet, plus un objet est petit, plus sa masse diminue par rapport à sa surface, et plus il est sensible à l’effet des forces de frottement. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous pouvez lancer un caillou beaucoup plus loin qu’une poignée de sable. Sous l’effet de cet échauffement, les fragments de météorite dégagent alors cette intense lumière que l’on peut observer à l’image.
S&A: Cette météorite russe accompagnait-elle l’astéroïde 2012 DA 14 dont le passage est attendu ce soir (article paru le 15 février)?
Absolument pas. En effet, étant donné la position du soleil dans cette vidéo amateur, on peut constater que la météorite russe se déplace du nord vers le sud, soit exactement la trajectoire opposée à celle de l’astéroïde 2012 DA 14. Il ne s’agit donc pas de la même famille d’objets. En revanche, leur composition (roche, glace, métaux) peut, elle, être très voisine.
[Commentaire du LPGB: En considérant que cette météorite a sans doute été perturbée par son rapprochement avec la Terre (et la Lune), mais il y a longtemps, comme le sera l'astéroïde 2012 DA 14 le 15 février, on ne peut pas dire qu'absolument il n'y a pas de rapport sans plus d'analyse. Seule l'échantillonage de l'astéroïde "qui nous a échappé" en comparaison avec les morceaux de météorite que l'on collecte en ce moment pourront, et encore pas sûr, tranché sur le lien entre les deux. Il faut attendre ces résultats. Il est néanmoins clair qu'à partir des trajectoires finales, les deux corps ne sont pas arrivés groupés comme c'est souvent le cas dans les pluies de météorites.]
S&A: Comment se fait-il que personne ne l’ait vu venir, en dépit des programmes de surveillance ?
Parce-que que cette météorite est suffisamment petite pour passer à travers les mailles du filet de surveillance. En effet, les programmes se focalisent en priorité sur les corps célestes de plus de 100 mètres, susceptibles de provoquer des dégâts catastrophiques en cas de chute sur Terre. Ceux qui, comme cette météorite russe, mesurent moins d’une dizaine de mètres, ne font pas l’objet de la même attention. Et c’est presque toujours par hasard qu’on en capture l’image. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes en train de mettre en place le programme Fripon (Fireball Recovery and Inter Planetary Observation Network). Celui-ci consistera en un réseau d’une centaine de caméras qui seront placées un peu partout dans l’hexagone. L’objectif de ce maillage est d’avoir enfin la possibilité d’enregistrer les trajectoires de ces objets afin de pouvoir en retrouver plus facilement les morceaux.
Le 14 juin 2002, un l'astéroïde “2002 MN” de 120 m de diamètre, a frôlé la Terre à 120 000 km (soit seulement 1/3 de la distance Terre-Lune), et n'a été repéré que trois jours après son passage. La flèche rouge matérialise sa trajectoire. Noyé dans la lumière du soleil, il était à peu près impossible à détecter. Crédits : Steven Simpson - Sky&telescope
[Commentaire LPGB: ce qui confirme l'analyse de l'article précédent sur le danger sous estimé du risque météoritique].
S&A: Comment s’effectue cette surveillance des objets célestes ?
Elle s’effectue à l’aide de télescopes dans des observatoires, principalement situés dans l’hémisphère nord. L’observation est automatisée : les télescopes enregistrent à intervalle régulier l’image d’une même portion de ciel puis comparent si quelque chose a changé d’une image à l’autre. C’est ainsi que l’on repère un objet en mouvement dans le ciel. Mais cela prend beaucoup de temps. Un observatoire comme celui de la Sagra, en Andalousie couvre l’intégralité de la demi-sphère céleste qu’il peut observer seulement deux fois par mois. On a tendance à l’oublier mais le ciel est très vaste… Pourtant, cet observatoire est l’un des plus productifs en Europe. C’est lui qui a repéré l’astéroïde 2012 DA 14. La plupart des autres programmes d’observation se trouvent aux États-Unis.
[LPGB: il est nécessaire que la couverture en observatoires dédiés dans l'hémisphère sud, voir polaire, soit aussi complète. La fréquence des clichés de toute manière est largement insuffisante pour ces petits corps à la fois dangereux et indétectables.]
On compte une dizaine de programme d’observation des astéroïdes de par le monde. Le LINEAR dans le Massachussetts et le Catalina Sky Survey en Arizona comptent parmi les plus importants. En Europe, l’Italie héberge le CINEOS, et l’Espagne la Sagra Sky Survey (ici sur l'image) D’autres, comme le télescope américain Pan-STARRS à Hawaï, qui devraient entrer prochainement en service. Crédit : Catalina sky survey
[LPGB: Il est donc important de donner aux astronomes des moyens plus conséquents pour travailler à ce crible spatial ! Le jeu en vaut bien la chandelle, non?]
S&A: Avec quelle fréquence tombent des objets tels que cette météorite russe ?
Pas facile de faire une réponse précise. Certains de mes collègues parlent d’une fois tous les 10 ans, d’autres d'une fois par an. Comme je vous l’ai dit, on connaît mal ces objets et de ce fait, les statistiques ne reposent que sur un petit nombre d’observations. Des objets de cette taille peuvent tomber régulièrement dans les océans sans que personne ne s’en aperçoive.
S&A: Quelle est la différence entre un astéroïde et une météorite ?
Un astéroïde est un corps céleste qui se déplace dans l’espace. Ce n’est que lorsque ce corps céleste tombe sur terre que l’on parle de météorite. 2012 DA 14 se contentant de passer près de la Terre est donc un « astéroïde », tandis que le caillou qui est tombé sur la Russie est une « météorite ».
Propos recueillis par Erwan Lecomte
Sciences et Avenir
15/02/13
LPGB: Merci à S&A pour leurs articles mieux documentés que dans certaines autres publications et les plateaux de radio ou télé qui feraient mieux de se renseigner pour donner une information de cette létalité potentielle tant ils ne sont pas compétents dans un domaine scientifique comme celui-là (ce qu'on ne leur reproche pas).