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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:57

Texte issu du courrier de l'institu de mécanique célesteet de calcul des éphémérides (www.imcce.fr)

 

Chronique d'une fin du monde annoncée (11/12) Le 13 b'ak'tun du long compte maya tombera-t-il le 21 décembre 2012 ?

 

Les_calendriers_mayas-imcce-copie-1.png

Inscription arrière, Stèle 3 (partie supérieure), Piedras Negras, Guatemala. Dessin: Davis Stuart [Stuart et Graham 2003:9:27].

 

Les Mayas, parallèlement à leur calendrier rituel qui a le défaut de se reproduire à l'identique tous les 52 ans, utilisaient un calendrier, nommé le long compte, basé sur le décompte des jours depuis une date origine. Ce calendrier ressemble à la période julienne introduite par J. J. Scaliger (1540-1609) en 1583.

 

L'unité de base du long compte est le tun d'une durée de 360 jours.

Un tun se décompose en 18 winal (mois de 20 jours),

le jour étant un kin.

Les multiples du tun (en base vigésimale) sont respectivement :

le k'atun (20 tun),

le b'ak'tun (20 k'atun),

puis le pik'tun (20 b'ak'un),

le kalab'tun (20 pik'tun),

le k'inchil'tun (20 kalab'tun) et

le Alau'tun (20 k'inchil'tun).

 

Concordance entre les calendriers mayas et notre calendrier

Le problème de la concordance entre notre calendrier et les calendriers mayas est connu sous le nom de corrélation. Cette concordance se fait par l'intermédiaire du jour julien de la période julienne. Cette corrélation est la valeur de la différence entre l'origine du long compte maya et l'origine de la période julienne. Si l'on connaît la valeur de cette corrélation, il suffit d'y ajouter le long compte pour avoir le jour julien, puis de transcrire ce jour julien dans le calendrier de notre choix (calendrier julien ou calendrier grégorien).

 

Depuis le début du xxe siècle, de nombreux chercheurs (historiens ou astronomes) se sont penchés sur ce problème et le grand nombre de solutions proposées (plus de 50) et leurs fortes amplitudes (1039 ans d'écart entre les deux corrélations extrêmes) sont des indicateurs de la difficulté du problème. Les premières recherches furent entreprises par des historiens. Elles sont basées sur les concordances entre des dates du calendrier julien et du calendrier rituel encore en usage à l'époque de la conquête espagnole. Après de nombreuses divergences, les historiens, depuis le milieu du xxe siècle, privilégient la corrélation 584283 dite GMT (pour Goodman - Martínez - Thompson). Si cette corrélation explique bien les dates du calendrier rituel de l'époque postclassique, elle présente des problèmes avec les dates des tables astronomiques présentes dans le codex de Dresde.

 

Des astronomes ont également proposé des solutions basées sur l'interprétation les tables du codex et des dates des saisons gravées sur les stèles (Copán, Piedras Negras et Quiriguá). Mais de nouveau, plusieurs solutions ont vu le jour en fonction des hypothèses de calcul. Le problème d'interprétation des dates du codex est complexe. En 1996, V. Böhm et B. Böhm, en partant de l'hypothèse que les premières dates figurant dans les tables étaient des dates d'observations et en utilisant une méthode statistique ont abouti à quatre valeurs possibles pour la corrélation (438906, 530584, 600070 et 622261). Parmi ces quatre valeurs, seule la dernière, la corrélation 622261, permet de retrouver les maximums d'élongation de Mercure. Douze ans plus tard, la même étude a été refaite en utilisant une méthode statistique plus stricte et de nouvelles dates portant sur d'autres phénomènes astronomiques (conjonctions planétaires). La corrélation 622261 a été confirmée et des explications convaincantes, basées sur le saut de 17 jours dans les porteurs de l'année, ont été émises pour expliquer les concordances de l'époque de Diego de Landa.

 

Néanmoins, cette nouvelle corrélation n'a pas pour l'instant convaincu les historiens, et ils continuent d'utiliser la corrélation GMT qui s'est imposée au fil des années.

 

 

Vision cyclique du temps

Platon dans le Timée (39 C-D) définit l'année parfaite comme la période à la fin de laquelle les planètes se retrouvent toutes alignées sur leurs orbites. Aristote la nomme la grande année et précise que dans l'hiver de cette année il y aura des cataclysmes et que durant l'été il y aura une conflagration. Cette idée d'un univers cataclysmique et cyclique, qui débute avec un alignement parfait des astres errants et se termine lorsque l'alignement se reproduit, se retrouve dans de nombreuses civilisations. Si Platon et Aristote n'indiquent aucune durée pour cette période, Censorinus nous donne des valeurs très différentes : 2484 ans (Aristarque), 10800 ans (Héraclite), 10884 ans (Dion), 120000 ans (Orphée) et 3600000 ans (Cassandre). On dispose d'une valeur introduite en Grèce en même temps que l'astrologie par le prêtre chaldéen Bérose qui estime cette période à 120 saros de 3600 ans (soit 432000 ans).

 

On retrouve les mêmes doctrines dans les textes indiens du Mahâbhârata et des Lois de Manu du IIe siécle. Aux Indes, cette période intervient également dans la description des yugas et des âges du monde : ainsi le Kaliyuga est une période de 1200 années des dieux de 360 ans.

 

Ces cycles n'ont aucune réalité physique, la connaissance des révolutions sidérales moyennes des planètes, même arrondies aux jours, donne une hypothétique période synodique des planètes plus grande que l'âge actuel de l'Univers !

 

De même, les Mayas ont une vision cyclique du temps associée à la période de 13 b'ak'tun et comme d'autres civilisations ils associent la fin de ces cycles à des destructions et le début des nouveaux cycles à un renouveau. On trouve peu de traces de ces croyances, uniquement dans les Chilam Balam et dans un texte sur le monument n°6 du site de Tortuguero1.

 

Ces dernières décennies, on a vu apparaître une multitude de prédictions apocalyptiques irréalistes liées à l'hypothétique fin du présent cycle le 21 décembre 2012 (avec la corrélation GMT). Sans aucun discernement ni aucune vérification, de nombreux médias, en quête de sensationnel, ont amplifié cette désinformation.

 

D'un point de vue astronomique le 21 décembre 2012 sera un jour particulièrement « calme » : aucun alignement de planètes, pas même une petite conjonction. Comme chaque année, nous serons proches du solstice d'hiver et le Soleil croisera le plan galactique. Il y a de fortes chances que l'absence de catastrophes planétaires ce jour sera associée à une erreur de corrélation plutôt qu'à une remise en cause des prophéties cataclysmiques.

 

(fin de citation; source IMMCE institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides)

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Publié par Nicolas Sègerie Laboratoire Pluridisciplinaire Giordano Bruno - dans Astrotectonique
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